partir en guerre contre ses emotions

Être meilleur avant tout : se battre contre nos émotions

Allons-y ! Partons en guerre contre nos émotions ! C’est qui le plus fort, après tout ? Elles ou nous ?
Montrons à nos enfants qui est le maître à bord !

Et bien oui : quel est le premier rôle d’un parent, d’un papa, d’une maman pour son enfant ?!
Ne serait-ce pas de l’aider à grandir ? De devenir plus fort, plus beau, plus tout … ?

Personnellement, je ne pense pas qu’il faille l’emmener vers une relation de concurrence avec les autres.
Devenir meilleur de soi-même est déjà une première difficulté.

Cela fait le second carnaval auquel je suis invité. Cette fois-ci il s’agit de celui de Matthieu Verne, du blog Vivre avec ses émotions.
Par son thème : Comment être plus fort émotionnellement, il nous pose la question de comment réussir à ne pas se laisser influencer par nos émotions.

Se mettre en concurrence avec soi-même

Si dès le plus jeune âge, on veut amener nos enfants à devenir meilleur, mieux vaut trouver le bon moyen pour qu’il s’accepte déjà tels qu’ils sont : des enfants, qui grandissent, des enfants avant tout.
C’est tout le contraire que de penser que nos enfants sont des adultes en devenir.

Penser qu’ils sont des adultes en devenir, c’est déjà attendre d’eux qu’ils sont des adultes, non finis, en cours de construction.
Donc nous allons attendre d’eux de :
– savoir gérer la colère comme nous, les adultes
– savoir faire un choix, comme nous, les adultes
– être sûr et ne jamais crier …

Ça fait rêver, vous ne trouvez pas ? Croyez-vous vraiment que tous les parents sont comme ça avec leurs enfants ?

De l’exemplarité à la réalité

Nous voulons toutes et tous, nous les parents, montrer l’exemple à nos enfants, pour qu’ils aient un guide, un mentor, pour les emmener loin dans la vie.
Et que se passe-t-il quand on leur crie dessus ? Que se passe-t-il quand, nous aussi, nous nous énervons : sur notre conjoint-e, ou bien sur nos enfants ?

Que montre-t-on alors à nos enfants comme modèle ?

C’est bien tout le problème : a-t-on défini un modèle que nous souhaitions offrir à nos enfants ?
S’est-on arrêté une journée, en se disant :
– qu’est-ce que je souhaite montrer à mes enfants ?
– quelles sont les valeurs que je souhaite qu’il acquière ?
– comment doit-il accueillir ses émotions ?

Un plan de bataille pour les éliminer

plan de bataille vaincre emotions
Photo by Matt Briney on Unsplash

Car, pour beaucoup, nous voyons les émotions, surtout les négatives, comme des ennemis.
Il faut lutter contre la colère, dira-t-on d’un côté. Il faut s’empêcher de pleurer (pour être fort, et un futur adulte super-de-la-mort-qui-tue), verra-t-on de l’autre côté.
Nous devons prendre le dessus, les combattre, les gérer, les …

Vous ne trouvez pas qu’on dirait un plan de bataille pour aller à la guerre ? Ou tout du moins, une stratégie d’entreprise pour contrer un client agressif ?

A force de les voir comme des ennemis, on va en faire des ennemis à coup sûr.
Passant alors d’émotions normales, elles vont devenir des combattantes hors-pair.

Telles ces bactéries qui à force de recevoir des antibiotiques deviennent de plus en plus résistantes, plus on tentera d’effacer ses émotions, plus elles deviendront résistantes, fortes, et destructrices.

Le calumet de la paix

Et voilà, le mal est fait, vous n’avez qu’à vous en prendre qu’à vous même : vous vouliez lutter contre elles, vous en avez créé des monstres sanguinaires.
Oula je m’emporte … Je ne suis pas dans un film …

Revenons à nos émotions, vous voulez bien ?

Heureusement pour nous, le cerveau est résilient. Rési-quoi ? Résilient, ça veut qu’il peut se moduler, changer sa configuration, même s’il a souffert avant.
Et ça c’est une super nouvelle pour nous, vous ne pensez pas ?

Après avoir fait la guerre, il serait peut-être temps d’enterrer la hache (de guerre), et fumer le calumet de la paix ?
Nous serions ainsi plus zen, et tellement plus cool (je me demande bien ce qu’ils ont mis dans ce calumet …! )

Les émotions, des amis, pour la vie

Tout ennemi peut devenir un ami, si on y voit un intérêt commun, si l’on partage quelque chose ensemble.
Cela peut être un ennemi commun, ou bien une passion commune, .. à vous de voir.

Ici, à priori, vu que ce sont vos émotions, le bien commun : c’est vous. A savoir votre cerveau, et votre corps.

Alors, au lieu de partir en guerre de 100 ans contre vos émotions, il est plus intéressant de trouver un terrain d’entente, et de viser l’amitié.
Oui l’amitié, rien que ça !

On a peur de ce que l’on ne connaît pas.

Pour devenir ami(e) avec vos émotions, pour que vos émotions vous apprécient, il va falloir apprendre à vous connaître.
Et cette rencontre va vous changer, comme lorsque l’on rencontre cet-te ami-e avec qui on veut tout faire, tout tester.

Je vous parlais dernièrement d’un livre qui a changé ma vie : les mots sont des fenêtres de Marshall Rosenberg.
Je vous disais que ce livre m’a appris un point très important : s’écouter, et écouter ses besoins.

Ecouter ses besoins

communication violence les mots sont des murs

En fait, la colère, cette émotion forte, très intense, qui est-elle ? Ne serait-ce pas la conséquence d’un besoin qui n’a pas été respecté, écouté ?

Exemple
Je me mets à hurler sur mes enfants, qui criaient dehors : les enfants, vous arrêtez tout de suite ! Je vous ai déjà dit que je voulais pas de cris !
Ne connaissant pas mes émotions, ni mes besoins, je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça. Et d’ailleurs ça n’a pas d’importance pour moi.

Hmm … en fait, j’ai quand même des remords. Et puis, en fait, pourquoi je leurs ai crié dessus ?!

OK, maintenant, on reprend l’exemple, avec connaissance de mes besoins.

Exemple 2
Je sais que j’ai un besoin de tranquillité, de calme, en ce moment.
Les enfants crient dehors … non en fait, je leur ai dit en rentrant tout à l’heure que je souhaitais du calme, et de la tranquillité, après ma grosse journée.
Et … les enfants crient quand même !

Ah oui, j’avais oublié, j’avais aussi un besoin d’être écouté, voilà la colère qui monte encore !
Que devrais-je faire ? Crier ?!

La colère, une sacré émotion !

Ah la colère, c’est vraiment une émotion difficile à appréhender et à accepter.
Ne dit-on pas à nos enfants, à notre conjoint : ne te mets pas en colère, calme-toi ?!

Et ça nous fait quoi, la plupart du temps ?
Nous voilà encore plus énervé-e !

C’est un comble en fait …

La colère serait-elle une amie impossible ?
Et bien, je me lève et j’affirme que la colère peut devenir votre amie ! Oui, une amie ! Même votre meilleure amie !
Pourquoi ?

La colère est votre amie protectrice !

Et dès qu’on le sait, on se dit : tiens en fait, la colère, elle est sympa, non ?
OK, ok, je vous vois venir : hey c’est facile à dire, en théorie, on arrive à gérer sa colère, mais en vrai ?!

En vrai, avant d’être ami-e-s, on commence par cohabiter avec la colère. C’est un peu la guerre froide !
Puis, petit à petit, pas à pas, on commence à l’apprécier la colère.

Je ne dis pas qu’il faut crier sur tout le monde, je dis qu’il faut écouter la colère, comme toutes les autres émotions (positives ou négatives).
Plus on l’écoute, plus elle parle, plus elle est bavarde !

Et nous apprenons alors, nous comprenons, que des besoins n’avaient pas été exprimés !

Une illustration : Dumbo

Au début de l’écoute, du passage de l’état d’ennemi, à l’état d’ami, il pourra y avoir des moments où les émotions seront encore trop fortes, impossibles à comprendre.
Nous aurons alors encore cette sensation d’animaux sauvages trop longtemps en cage.

Que faire ?  Les brider ? Les laisser en cage ?
Tenter de les contrôler une nouvelle fois ?

Pour illustrer ce passage, je souhaite retourner en enfance. Vous connaissez le dessin-animé Dumbo ?
Vous savez ce petit éléphant qui a de grandes oreilles, et qui se sent tellement mal d’être différent, maladroit … jusqu’au jour où il découvre qu’il peut voler avec ses oreilles : imaginez le changement ! La confiance en lui qu’il a du reprendre !

Bon, dans cette histoire, on a deux exemples très précis de comment on peut réagir face à ses émotions.

Exemple 1 – Maman défend son petit

A un moment Dumbo se fait bousculer par des enfants qui se moquent de lui : il est petit, il a de grandes oreilles. Ils commencent alors à le taper, à l’embêter.
Que fait la maman ?

Elle qui est pourtant toute gentille va s’énerver, et se déchaîner pour protéger son enfant. Rien de plus normal pour une maman, vous allez me dire.
Sauf que c’est …une éléphante … Quand c’est en colère, ce n’est pas la même chose qu’une petite souris (quoique …)

Que font les gardes, les gens du cirque ?
Ils l’encerclent, la maîtrisent, et la mettent dans une roulotte .. toute seule, sans son bébé !

Ce que nous pouvons en retenir

La maman n’était pas méchante, elle voulait défendre son petit. Personne ne lui a demandé ce qu’elle avait.
Et oui, elle parle éléphant, et nous les humains ne savons pas parler l’éléphant (ou peu).

Le résultat : une maman qui est enfermée, et jugée comme méchante, et un bébé qui est tout seul.

Transposons-ça à nos émotions
Sans possibilité de parler avec nos émotions, nous ne pouvons pas les comprendre.
Au lieu de les écouter, nous préférons les enfermer en cage.

Exemple 2 – Dumbo a peur de voler

Dumbo découvre qu’il peut voler.
Par un grand hasard (en se réveillant sur une branche d’un arbre), il remarque qu’il est arrivé ici en … volant.

OK, maintenant qu’il sait qu’il peut voler. Il va falloir qu’il apprenne à le faire tout le temps, qu’il apprenne comment bien voler.
Des oiseaux (des corbeaux), avec son ami la souris, viennent en aident à Dumbo.

Comment ? En lui donnant une plume magique, et en le soutenant, l’encourageant.
Et vous connaissez la suite : Dumbo découvre qu’il sait voler, et même très bien.
Il devient alors la star du cirque !

Ce que nous pouvons en retenir

Dumbo ressent une émotion forte : la peur, et il ne sait pas comment la gérer.

Résultat : Dumbo reste pétrifié, et n’a pas confiance en lui.

Transposons-ça à nos émotions
 Avec un élément déclencheur, nous avons envie d’aller de l’avant. Nous avons plus confiance en nous.

Avec des amis, un mentor, nous pouvons aller plus loin, nous surpasser.
Les écouter, sans les laisser nous guider !

Ce qu’il faut en retenir

Pour réussir à bien vivre avec nos émotions, il faut passer par 4 étapes essentielles :

  • Reconnaître nos émotions
  • Apprendre à les comprendre, leur parler
  • Ecouter ses besoins, pour les comprendre
  • Lâcher prise : ne pas se mettre la barre trop haute, pour avancer et mieux se sentir avec ses émotions.

Devenir meilleur en entreprise, et à la maison

plaisir de vivre des emotions
Photo by Robert Collins on Unsplash

Après avoir écouté vos émotions, sans les avoir laissées guider votre vie, vous deviendrez quelqu’un de meilleur.
Non pas meilleur, avec des points supplémentaires, mais meilleur, dans le sens qui veut et apporte le mieux.

En entreprise

Avec vos salariés, vos clients, vous saurez mieux réagir.

En apprenant à écouter vos émotions, vous laisserez la place à votre intuition. Elle vous permettra par exemple de la suivre pour éviter de signer un pacte d’associés nocif.
Et elle vous aidera à savoir quels sont les besoins qui ne sont pas satisfaits face à un de vos salariés.

En RH, vous comprendrez alors mieux vos salariés, pour mieux les coacher, les manager.

Laisser la place aux émotions en entreprise est souvent un taboo.
Et pourtant, je suis convaincu que les émotions ont leur place, si on les écoute, si nous les bridons pas !

A la maison

Mieux réagir face aux réactions de ses enfants, de son-sa conjoint-e, apportera un climat plus serein à la maison.
En écoutant vos besoins, vous saurez à l’avance ce que vous souhaitez, pour prévenir votre famille de ce que vous attendez.

 

Vous accepterez aussi plus facilement les colères de vos enfants, de votre conjoint-e.
Non pas qu’il est agréable de voir quelqu’un être en colère face à soi.
Cependant, en se disant : quel(s) besoin(s) n’est pas exprimé chez mon enfant, chez mon-ma conjoint-e, cela permettra d’amener une discussion.
Discussion qui amène plus d’écoute.

Je suis convaincu que l’écoute est essentiel pour une famille épanouie !

 


Et vous, vous faites comment pour vous sentir plus fort-e avec vos émotions ?
Vous les combattez ? Les acceptez-vous ?

Vous avez mis en place des exercices pour les écouter ? Pour les apprécier ?

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